L’ART DE FLIPPER - Futil Design cultive l’utilité du jeu
Sarah Lévesque / photo Véronique L'Écuyer

L’ART DE FLIPPER - Futil Design cultive l’utilité du jeu

C’est pour se sentir maître de ses idées qu’Alexandre Berthiaume crée Futil Design en 2005. Aujourd’hui, cette zone d’exploration lui permet de concrétiser ses idées de sofas, chaises, luminaires et autres objets intelligents et accessibles. Joueur, Berthiaume a nommé chacun de ses projets avec légèreté, de Gros Lard, Cul de Poule à Soûl Mort, en plus de fabriquer lui-même les prototypes afin d’expérimenter les limites de chacune de ses créations. Un exercice qui rime avec partie de plaisir.

Un nom comme Futil Design laisse entendre que le design est pour toi une activité superficielle… Il y a une énorme dose de futilité dans le design. À l’époque où je me cherchais un nom, le designer Karim Rashid écrivait I Want To Change The World, un livre qui prétendait changer le monde grâce au design. J’ai donc réagi à ses propos car, pour moi, la création est avant tout plaisir. Puisque je m’investis dans différents milieux et que je fais beaucoup de projections vidéo [Igloofest, Black&Blue], j’arrive à prendre le design avec légèreté.

Tu sembles affectionner les créations qui se transforment. Il y a, entre autres, le Gros Lard, un sofa modulaire aux mille et une possibilités, la série de chaises Flip Flop qui se renversent, le luminaire flexible Flexxx. Tu recherches le meuble multifonctionnel? Ce n’est pas tant que je recherche le meuble multifonctionnel que je ne me satisfais pas du bel objet uniquement esthétique. Pour moi, l’objet doit avoir une intelligence cachée, une proposition nouvelle. Mon approche touche donc à l’ingénierie. Et puisque mes objets laissent voir cette proposition, j’ai un style que je qualifierais d’épuré.

Comment trouve-t-on une nouvelle fonction à des objets qui habitent notre quotidien? Les contraintes que je m’inflige apportent de nouvelles idées. Pour la série Flip Flop, je voulais créer une chaise composée de couches de carton. La matière me donnait énormément de contraintes au niveau de l’épaisseur, de la courbure. Dans la découpe, j’ai réalisé que j’avais une deuxième chaise en la renversant. J’ai poussé ça à l’extrême. J’ai dû me contrôler, car j’avais des idées à l’infini, de lits et des tables qui se tournaient à l’envers. Tout se flippait.

L’objet idéal? Vu la difficulté de trouver des éditeurs ou des fabricants au Québec, il faut imaginer des objets qui traversent le temps. Et pour moi, le meuble idéal permet à son détenteur de s’impliquer. Un peu comme le bloc Lego que chacun utilise à sa façon.

futildesign.com


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